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1978 - Les raids d'endurance à la recherche d'un second souffle

(1974 mots dans ce texte )  -   lu : 2301 Fois     Page Spéciale pour impression

Lise Chambost  au trot vigoureux de sa petite jument sans origines constatée, Kaline. Cette cavalière a réllement assimilé l'esprit et la technique du raid d'endurance. Depuis trois ans, elle a toujours été régulèrement classée dans les raids équestres auxquels elle a participé, prouvant ainsi que les qualités d'un cheval d'endurance se jugent sur plusieurs épreuves.


 

Smokey Killan

 

En tête du groupe des 31 cavaliers qui prirent le départ du raid de Montcuq  qui s'est déroulé sur deux jours - 160 km - on reconnaît : J.P. Falque n° 29 (Sarazin) et Odile Van Ditzuysen, n° 8 sur son pur sang arabe gris de 6 ans (El Sham)

 


A l'origine essentiellement militaire, le raid d'endurance à cheval a perdu sa raison d'être avec la naissance de l'automobile. Depuis le début du siècle, le raid était, assez généralement, devenu une entreprise individuelle, un défi personnel en marge de toute compétition organisée.

Les adeptes de ce type d'exploit souffraient néanmoins de ne pouvoir se mesurer entre eux sur un même itinéraire. C'est ainsi que naquirent, sous forme d'épreuves sportives, les premières courses d'endurance moderne. L'esprit de ces compétitions correspond en effet beaucoup plus à une course qu'à un raid, dans la mesure où la compétition s'effectue en groupe et sur un itinéraire balisé.

Pour des raisons purement administratives (le souci de ne pas créer de confusion entre les courses sur hippodromes et ce nouveau type de compétition) l'appellation a été revue et corrigée en «raids équestres d'endurance».

Si le Service des Haras qui a ainsi évité la confusion dans l'esprit du grand public, peut dormir tranquille,

que les futurs adeptes du raid équestre d'endurance, eux, ne s'y trompent pas. Les «classiques» de Mane, Romans, Florac et Montcuq sont restées de véritables courses d'endurance où les moyennes, sur des itinéraires variant de 100 à 160 km, «frisent» le 20 à l'heure.

Il faut donc qu'ils s'y préparent soigneusement, ou alors que les responsables de ce sport dissipent le malentendu en définissant les critères prioritaires de jugement: à savoir, si l'état de santé d'un cheval à l'arrivée est au moins aussi important que son classement; et, mieux encore, quel est le bon compromis.

Il en va de l'avenir des «raids équestres d'endurance» qui, pour différentes raisons, ont bien du mal à trouver leur second souffle.

Ne pas confondre raid et course

Le but d'un raid équestre d'endurance, où les parcours se chiffrent en kilomètres, est différent d'une course de plat où les distances sont exprimées en mètres. Ce truisme apparent, et apparemment inutile, a pour but de souligner la nature propre de chacun de ces exploits, en permettant de comprendre qu'ils se jugent selon des critères différents.

Si, en course, un jockey doit d'abord avoir les yeux, rivés sur ses adversaires, un cavalier de raid devrait d'abord «écouter» son propre cheval avant de s'occuper des autres.

Pour le véritable «homme de cheval» l'exploit qui consiste à terminer avec un cheval présentable un raid de 160 km, est de loin préférable à celui de terminer en tête de ce même raid avec un cheval «hors d'état».

Les critères de jugement d'une voiture, dite «routière», sont-ils les mêmes que ceux d'une voiture de sport ? Ces deux véhicules se pilotent-ils de la même manière ?

Les quelques raids auxquels j'ai assisté ne me permettent pas de croire que les adeptes de cette discipline ont bien compris l'essence même des épreuves qu'ils disputent.

Deux clichés illustrent ce point de vue. Ils ont été pris au terme des 160 km de Montcuq, courus les 28 et 29 octobre.

Au dernier contrôle vétérinaire, à 20 km de l'arrivée, 5 concurrents arrivent en tête avec plus de 30 minutes d'avance sur les suivants. Ils reprennent ensemble le départ après la halte obligatoire d'une demi-heure. Leurs chevaux qui ont «tourné» à plus de 20 km/h de moyenne sur 140 km, sont marqués par l'effort, mais parfaitement en état de continuer selon l'avis des vétérinaires.

Il s'agit d'un selle français de 7 ans, Flambard, monté par Corine Paré, d'une jument anglo-arabe de 7 ans, Fresca, montée par la cavalière espagnole Mariane Antonin, d'un pur sang anglais de 5 ans, Sarazin, monté par Jean-Paul Falque et d'un selle français de 11 ans, Barol, monté par l'américain Smokey Killan.

Le cheval Barol a déjà gagné plusieurs raids l'endurance sous la selle de Denis Letartre et le cavalier qui le monte pour l'occasion, est un spécialiste de cette discipline aux USA puisqu'il a notamment terminé à la 48è place de la fameuse Transaméricaine courue en 1976.

Les quatre premiers sont suivis à quelques minutes par Jean-Claude Vidilles sur son superbe pur sang arabe de 5 ans,  Ennhar. Il les rattrapera peu après le contrôle vétérinaire.

Il est normal que chacun de ces cinq cavaliers souhaite arriver en leader à Montcuq. Pourtant, pour certains, la manière d'y arriver, la forme, aura autant l'importance que le fond, ou si vous préférez le résultat. Ces derniers seront d'abord «à l'écoute» de leur cheval, ne le sollicitant que s'il peut réellement répondre à leur demande. Les autres n'auront d'yeux que pour leurs adversaires.

A 5 km de l'arrivée, les cavaliers sont encore en troupe, mais la chute brutale du cheval de Jean Paul Falque, qui a buté, va précipiter les événements. Les deux représentantes du sexe féminin en profitent et piquent des deux. Elles ne quitteront plus le galop jusqu'à l'arrivée, se payant même le luxe d'un sprint sur le macadam !

La gagnante, Corine Paré a sans doute l'excuse de la jeunesse, mais le troisième, Jean-Claude Vidilles (la quarantaine) qui, on s'en souvient, a recollé au peloton au prix des efforts de son courageux pur sang arabe, doit-il aussi absolument terminer «ventre à terre» sur la place de Montcuq ? Qui doit-il étonner ? Que veut-il prouver ?

 

C’est cette image que je voudrais opposer à celle de l'américain sexagénaire. Lorsque ses adversaires, profitant de l'accident ont porté «l'estocade» à 5 km de l'arrivée, sagement il a mis pied à terre... Le cheval en main, au petit trot, son apparition sur la dace de Montcuq fut saluée par les ovations du public qui ne s'y trompait pas et voyait enfin le vrai vainqueur.

«Décentraliser» et séduire

L'engouement pour cette discipline ne pourra se poursuivre si l'on ne parvient pas à éduquer les concurrents.

D'autre part, il faut absolument qu'un éclatement géographique s'opère rapidement. Avec le Raid Centaure, l'ARTEIF a prouvé que l'organisation d'un raid équestre d'endurance en région parisienne pouvait être un succès. Les organisateurs du Raid Chartres Paris, qui devait avoir lieu en ouverture du salon du Cheval, œuvraient dans ce sens et, si l'opération n'a pas eu lieu, «ce n'est que partie remise» confiaient-ils récemment.

Pour, qu'une meilleure répartition des raids puisse intervenir, il faut que les épreuves soient séduisantes, attractives. Le cavalier d'extérieur, propriétaire d'un cheval, et soucieux de s'exprimer sportivement sans prendre de gros risques, ni d'en faire courir à son cheval, est un «client» rêvé pour cette discipline. Pour le préparer à cette compétition, il faut organiser de nombreuses épreuves de régularité sur 50 km, où il apprendra (bien) à «tenir une moyenne». Ces compétitions ne se feront pas au détriment du cheval et le cavalier y prendra un réel plaisir. Elles le prépareront à aborder le véritable raid, que de nombreux «amateurs» ont déjà abandonné. En effet, si au palmarès des «classiques» disputées ces dernières années figurent toujours les mêmes noms, sur la liste de départ le nombre d'engagés a baissé singulièrement.

M. Jacquemin, un cavalier qui court «à sa main», nous fournit une explication à cette étrange baisse de participation : «Le cavalier amateur, qui aime son cheval, et le monte toute l'année, ne prendra jamais le risque de le forcer et donc n'a que peu de chance de figurer au classement, où l'on retrouve ceux qui n'ont pas les mêmes scrupules, ou ont d'autres moyens. Il finit donc par se décourager».

L'accusation de M. Jacquemin, véritable homme de cheval, est sévère et exacte en ce qui concerne le comportement de certains concurrents. Mais il faudrait aussi poser les problèmes du choix du cheval, de l'entraînement ou de la technique du raid.

C'est dans cette direction qu'il faut chercher. Sans omettre de définir ce que l'on veut prouver par les raids d'endurance. Sinon, on risque de les voir s'étioler «de l'intérieur» et «à l'extérieur» s'effondrer sous les coups de leurs détracteurs.

Xavier Libbrecht


A PROPOS DES CHEVAUX
SANS ORIGINE

Le raid d'endurance convient parfaitement aux cavaliers d'extérieur. C'est l'expression sportive de la randonnée.

Cette équitation d'extérieur plus développée au sud de la Loire pour des raisons climatiques et topographiques, est souvent pratiquée par des cavaliers, moins soucieux de l'origine de leurs chevaux que de leurs qualités de randonneurs.

Ce sont ces mêmes cavaliers que l'on retrouvait au départ des premiers raids d'endurance, en selle sur leurs O.I.*

Le Service des Haras, soucieux d'améliorer notre élevage, et donc d'en déterminer «les canons» en fonction de chaque utilisation, souhaitait évidemment voir figurer des chevaux avec origine constatée dans ces raids d'endurance.

La querelle dura deux ou trois années au cours desquelles la réglementation souple des raids équestres d'endurance permit aux chevaux sans origine de faire leurs preuves. Ils tenaient la distance aussi bien que ceux dont nous connaissions la généalogie ; mieux, ils gagnaient...

François de La Sayette, spécialiste de l'élevage n'écrivait-il pas dans le numéro de septembre 1977 de l'Eperon : «Si l'inscription au stud-book est une garantie de filiation (base de progrès indispensable et indiscutable en élevage) elle n'est pas un gage de qualité future sur le terrain».

La revendication étant justifiée, le Comité des Raids Equestres d'Endurance s'est vu autorisé à accepter dans les épreuves officielles tous les chevaux, quelles que soient leurs origines, jusqu'en 1981. Après 1981, les chevaux sans origine reconnue, n'ayant jamais pris le départ d'un raid d'endurance, seront soumis à un test d'aptitude au cours d'une épreuve de régularité avant d'être autorisés à prendre le départ d'un raid officiel.

* chevaux d'origine inconnue.

Sources : Archives de D. Letartre


1 - En tête du peloton : JP Falque sur Sarazin (8è), suivi de Lise Chambost sur Kaline (5è) et de l'américain Smokey Kilian sur Barol (4è)
2 - Jacques Hostier ne dédaigne pas courir aux côtés de son pur sang arabe de 9 ans Marzouck. C'est une attitude fréquente en raid d'endurance de la part des cavliers qui sont aussi des hommes de cheval.
3 - Lors du contrôle vétérinaire, le praticien vérifie le rythme respiratoire du cheval. Le rythme cardiaque est également vérifié à chaque contrôle vétérinaire.



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