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1977 - Trente neuf cavaliers au départ de la première course de Montcuq

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Traversée victorieuse devant des villageois abasourdis
d'Annick Delhornel sur Candy, vainqueur de ces ceux jours de Moncuq.

Trente neuf cavaliers prenaient le départ de cette dernière course de la saison. Parmi eux, trois Portugais et douze Espagnols qui, malgré quelques difficultés de passage à la frontière franco-espagnole, semblaient en pleine forme et, il faut bien le reconnaître, leur participation soulève l'admiration et l'inquiétude de la majorité des concurrents.

L'épreuve se disputait sur un circuit de 80 km, de Montcuq à Cahors, avec arrêt pour contrôle vértéinaire de 30 mn à Villeseque, située à mi-parcours et 30 mn d'arrêt à Cahors où avait lieu le deuxième contrôle vétérinaire. Le retour Cahors Montcuq ne comportait pas d'arrêt. Ce même parcours était à renouveler le lendemain dans les mêmes conditions. Un total de 160 km en deux jours, une trotte !

Afin de mieux comprendre cette interjection, examinons d'abord une par une les différentes composantes de la course avant d'en étudier le déroulement.

LES COMPOSANTES

Le principe : une course à étapes.

Techniquement, une course disputée sur deux jours comme celle de Montcuq se court différemment d'une course d'une journée. Les étapes sont généralement moins longues, mais le cheval doit arriver en bonne forme afin de repartir en condition le lendemain. Les courses par étapes qui se disputent sur trois ou quatre jours n'existent pas encore en France. Aux U.S.A. évidemment, il existe une classique de ce type, la Five Hundred Miles in Five Days (800 km en 5 jours).

Nous n'en sommes pas encore là, mais certains organisateurs murmurent déjà en coulisse qu'une course par étape de 80 km par jour sur 4 jours pourrait être envisagée. A suivre...

Le terrain.

L'épreuve s'est déroulée sur un terrain vallonné, sans grand dénivelé (contrairement à Florac) mais qui néanmoins présentait des difficultés en raison de la fréquence de ses dénivellations. Les Espagnols et les Portugais habitués à des vitesses plus rapides sur des terrains plats furent surpris par le relief du terrain. Le sol quant à lui était très varié, caillouteux, herbeux, et parfois un peu gras et lourd. Des brouillards matinaux et l'humidité de l'air ont surpris les chevaux étrangers habitués à un temps sec. Bien qu'arrivés une semaine avant l'épreuve, certains eurent en effet du mal à s'acclimater.

Les chevaux.

Sur 38 chevaux engagés, on notait la participation de 8 sujets aux origines inconnues, 3 selle français, 5 anglo-arabes, 1 trotteur français, 3 pur-sang anglais, 2 chevaux de selle, 9 hispano anglo-arabes, 1 cheval argentin, 1 poney New-Forest et enfin 5 pur sang arabes. Il est intéressant de remarquer la présence du sang arabe, pur ou croisé, est largement majoritaire. La taille des chevaux variait de l,50 m à 1,65 m. L'âge moyen était de 7 ans. La plupart des chevaux étaient en parfait état et l'intransigeance des contrôles vétérinaires exclut rapidement ceux qui n'étaient pas suffisamment entraînés. Une bonne garantie contre les lendemains douloureux.

Les concurrents.

Parmi les initiés et les favoris, voici quelques noms.

- Maurice Pradelle : vainqueur de la course de Romans,

- Jean-Paul Falque : 3ème de la course de Florac,

- Ulrick Castelli : de nombreuses performances en course d'endurance.

- Michel Bordes : professionnel de la randonnée et organisateur de la course de Florac,

- Maria Do Carmo Lupi, épouse du célèbre toréador portugais, elle élève des chevaux et participe à toutes les courses d'endurance espagnoles et portugaises.

- Javier de Vilar, Espagnol, grand amateur de courses d'endurance, possède plusieurs chevaux qui sont entraînés et montés par Eddy Lee Matison, spécialiste américain qui a plus de 30 compétitions à son actif tant aux U.S.A. que sur le vieux continent.

Cette liste, loin d'être exhaustive comprenait également des cavaliers adeptes de toutes les autres disciplines équestres. Quelques cavaliers étaient venus pour se tester, ou pour essayer, tel Daniel Bertrand, instructeur, 'conseiller technique départemental de la Jeunesse et des Sports, qui faisait sa première course. Il eut d'ailleurs beaucoup de difficultés à trouver et à tenir sa position le premier jour, mais son tact équestre lui permit néanmoins de terminer 4ème.

Le plus jeune concurrent, que nous retrouverons 3ème à l'arrivée, Antonio Seres, n'avait que 17 ans alors que le plus âgé frisait la soixantaine.

Les vétérinaires.

Du côté des "vétos", la technique de contrôle a rapidement progressé. Aucun vétérinaire français ne pouvait réellement juger médicalement les chevaux participant à une course d'endurance avant la première organisée à Florac en 1976. Le docteur Revillon (D.S.V. Aveyron) a été un pionnier en la matière. En 1 an il s'est documenté sur les normes techniques existant à l'étranger. Il en fit la démonstration et l'application pendant cette épreuve de Montcuq où il dirigeait une équipe d'une douzaine de vétérinaires avec beaucoup d'efficacité.

L'exemple du Dr J.L. Chambost de Romans (Drôme) est d'ailleurs intéressant à retenir. Ce dernier entraîne quelques chevaux qu'il suit techniquement ou médicalement. Il a lui même participé à deux épreuves et s'est livré à quelques expériences tel le contrôle du sang en fonction de l'alimentation tant à l'entraînement que pendant la course. Souhaitons qu'un jour des traités puissent être mis à la disposition des pratiquants.

 

DEROULEMENT DE LA COURSE

Samedi 29 octobre, les Espagnols et les Portugais attaquent.

Il est 9 heures lorsque les concurrents sont rassemblés sur la ligne de départ, derrière le véhicule du directeur de la course, M. J.C. Vidille. Les cavaliers, portant tous le même dossard (aimablement offert par le Crédit Agricole), suivent le véhicule officiel au petit trot, jusqu'à la sortie de la bourgade sous les applaudissements du public et des habitants ébahis par tant de remue-ménage.

Après 1 500 m, la voiture lâche enfin les cavaliers en bordure d'un petit chemin et le rythme change. Les Espagnols sont presque tous en tête et s'élancent tout de suite au galop sur cette piste de campagne...

Le premier contrôle vétérinaire de Villesèque. se trouve en pleine zone de brouillard. L'organisation en est parfaite et l'on trouve :

- un véhicule EDF pour la liaison radio avec les autres postes du parcours,

- une ambulance avec un médecin,

- une citerne d'eau pour les chevaux,

- un véhicule de sonorisation sur lequel ont pris place les trois chronométreurs,

- un véhicule buvette (gratuit pour les concurrents s'il vous plait !)

- un camion pour ramener les chevaux en difficulté.

Ce premier contrôle, vous l'avez deviné, arrête déjà quelques chevaux... rien ne sert de courir ! Entre Villeseque et Cahors, alors que l'allure moyenne est d'environ 20 km/h, M. Pradelle, grand favori français de cette épreuve, est victime d'une chute qui lui vaudra sept points de suture au cuir chevelu et sa disqualification (demandée par l'équipe espagnole) pour avoir parcouru un tronçon du parcours en voiture suiveuse afin de récupérer sa monture après la chute.

C'est William Giacomino (Lozère), sur son cheval Grillon qui arrivera le premier à Cahors, avec 30 mn d'avance sur le cavalier suivant. A ce deuxième contrôle vétérinaire de Cahors, quelques chevaux sont définitivement arrêtés.

A. Delhornel (sur Candy), U. Castelli (sur Alsumeyr) et quelques cavaliers espagnols forment un groupe de tête homogène.

A l'arrivée à Montcuq, Grillon monté par William Giacomino est toujours en tête, après avoir perdu un fer à quelques kilomètres. Il ne pourra pas repartir le lendemain, souffrant de l'antérieur droit. Les autres concurrents arrivent à 7 mn derrière lui et sont relativement groupés.

Une heure après l'arrivée, un troisième contrôle vétérinaire très sérieux atteste de l'état des chevaux et donne l'autorisation de départ du lendemain. Port Saud, le cheval arabe de M. Falque, victime d'une déshydratation efficacement traitée ne peut cependant pas repartir le lendemain.

Dimanche 30 octobre 1977.

Les concurrents restant en course repartent dans l'ordre d'arrivée de la veille, un par un, en fonction de leur avance. Une vingtaine de chevaux seulement sont au départ.

Leur vitesse de marche est assez ralentie par rapport à la première journée de course. Le contrôle de Villesèque arrête encore quelques concurrents.

L'arrivée à Cahors se fait attendre. Plus de 30 mn de retard sur l'horaire de la veille. Les vétérinaires décident alors d'effectuer un sixième contrôle à Villesèque, avant l'arrivée. Ce sont Alsumeyr et Candy qui s'y présenteront les premiers et qui en repartiront aussitôt. Certains cavaliers seront stoppés 10 mn afin de laisser récupérer leurs chevaux.

Zouzou (M. Bertrand) et Etna (M. Bordes) ont fait une remontée remarquable. Ils se trouvent en 4ème et 5ème positions, places qu'ils garderont jusqu'à la fin de la course. Sur la place de ce petit village, l'arrivée est assez spectaculaire.

Alsumeyr est resté en tête tout au long de ce deuxième jour, suivi de près par Candy. C'est néanmoins celui-ci qui passera le premier la ligne d'arrivée, à 8 secondes d'Alsumeyr , sous les applaudissements du public. Des 39 partants, 10 concurrents seulement ont fini cette course, dont 5 étrangers.

Après les courses de Nantes, Romans, Rodez et Florac, c'est par cette belle épreuve, tant par son organisation que par sa technique, que s'est clos la saison endurance. Les cavaliers espagnols et portugais, habitués à ce genre de compétition furent surpris par la fréquence des contrôles vétérinaires, par les difficultés du terrain, par le temps très court donné pour la récupération des chevaux (30 mn d'arrêt). Tout celà explique leur défaillance. En effet, chez eux, ils enregistrent. des moyennes de 25 à 30 km/h sur 240 km !...

Cette nouvelle discipline équestre, pratiquée avec sérieux, permettra peut-être dans les années à venir, d'élever et d'obtenir des chevaux sains, solides et rustiques pour une équitation d'extééieur. Les cavaliers acquerront une pratique, une sagesse et un sentiment du cheval qui leur donneront beaucoup de satisfaction si l'on en juge par le succès que la course d'endurance connaît à l'étranger.

Francis Arnaud

Sources : archives de D. Letartre




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