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1978 - Mane - une région de plus s'ouvre à l'endurance

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GRACE A UN HOMME UNE REGION DE PLUS S'OUVRE A L'ENDURANCE

«Ce qu'une judicieuse prévoyance n'a pu mettre dans l'esprit des hommes une maîtresse plus impérieuse, je veux dire l'expérience, les a forcés de le croire.»

Bossuet.

Il peut paraître curieux de citer Bossuet à propos d'épreuve d'endurance. Rassurez-vous, le compte rendu de celle-ci ne sera pas en forme d'oraison funèbre.

Ce qui m'a frappé en arrivant à Mane, la veille de Pâques, alors que la dernière réunion avant la course avait un petit air mitigé de fête patronale et de meeting préélectorale, ce fût de recueillir déjà quelques commentaires que l'on n'aurait certainement pas entendus il y a un an.

Entre temps, si peu nombreuses qu'aient été les épreuves, elles ont suffi à beaucoup de ceux qui en sont les habitués pour qu'ils acquièrent un esprit critique. L'expérience c'est aussi cette connaissance issue du contact avec les hommes et les choses, qui rend ensuite tout différent et incite aux comparaisons.

En l'espace de dix minutes et de quelques bribes de conversation je savais que le terrain était difficile, que le balisage était bon, que les vétérinaires auraient sans doute du mal à faire face parce qu'en nombre trop restreint, que l'accueil des chevaux et des cavaliers avait été ressenti comme trop dispersé, et qu'on avait peu apprécié un changement de dernière heure dans le règlement de l’épreuve d'entraînement de 50 km.

Avec un départ sous la pluie, la journée du Dimanche commençaient sous de tristes auspices. Mais cette merveilleuse région de la Haute Provence a le secret de vents qui balaient le ciel et nettoient l'atmosphère.

Au premier contrôle situé derrière l'observatoire de Haute Provence, en bordure du cours d'eau la Largue, le docteur Granier me confiait son appréhension confirmant ce que j'avais entendu la veille. Il redoutait de ne pouvoir contrôler à la fois un raid sur 100 Km, et une épreuve sur 50.

On pouvait aussi être surpris qu'une épreuve dite d'entraînement fût décomposée en un tronçon de 16 Km à vitesse limitée et un autre de 34 Km (donc jusqu'à l'arrivée) sans vitesse limite.

Il faut savoir que le nom d'«entraînement» a été collé sur ce genre d'épreuve pour faire plaisir à l'administration. Seuls les mots qui la rassurent peuvent susciter son approbation et ses encouragements...

Une seule chose, pourtant, compte dans ces épreuves, c'est la régularité et elles devraient en porter le nom. Ce n'est qu'en étant obligé de respecter une moyenne qu'un cavalier arrivera à acquérir cette discipline contraignante qui en fera un bon cavalier d'endurance. C'est donc à ce titre qu'il s'agit effectivement d'entraÎnement.

Or j'ai appris avec effarement que c'est précisément l'administration qui voulait que la course d'entraînement de Mane se disputât sans vitesse imposée! C'est dire, une fois de plus, à quel point on continue ici et là à tout ignorer de ces épreuves, de leur utilité et des disciplines bienfaisantes qu'elles représentent. Notre pauvre monde équestre arrivera-t-il à s'extirper vraiment un jour des routines qui l'étouffent?

GRANDE SEVERITE DU CONTROLE VETERINAIRE

Quoi qu'il en soit les organisateurs réussirent non sans mal à faire admettre une vitesse limitée sur 16 Km, et au dernier moment abandonnèrent la formule par équipe pour une formule individuelle.

Ils ne furent donc que partiellement responsables de changements de dernière heure. Le principal promoteur de la course m'a dit à quel point il le déplorait. On voudrait espérer qu'à l'avenir l’administration centrale informera tous ses services de l'esprit dans lequel ces épreuves doivent se dérouler en abandonnant toute référence à d'autres compétitions sans aucun point commun avec elles.

La principale conséquence de tout ceci a été la sévérité extrême du service vétérinaire, qui a préféré prévenir que guérir. Il a ainsi éliminé tous les chevaux qui paraissaient devoir aborder la deuxième et trop longue étape avec quelque risque.

Le premier contrôle des 16 Km a été aussi le témoin d'un fait déjà constaté dans le passé et décisif par la suite.

Deux cavaliers courant les 100 Km s'y sont présentés en même temps, bien avant l'heure la plus optimiste prévue. Ils venaient de couvrir cette distance, dont les trois-quarts en montée et sur sol pierreux, à la moyenne de 28 Km/heure environ. En tête on retrouvait un cavalier qui avait dû s'arrêter lors de la course de Montcuq avec un cheval déferré et fourbu.

Il venait de mener le train, entraînant derrière lui D. Letartre. Tout le monde était unanime à qualifier de folie son initiative. Quelqu'un qui savait de quoi il parlait résuma les choses en me déclarant : «Il va asphyxier son cheval qui manque d'entraînement et tient une forme inférieure à celle qu'il avait à Montcuq. Il ne terminera pas. Mais il est vrai que c'est Pâques... Peut être le Bon Dieu permettra-t-il un miracle !»

Il n'y a pas eu de miracle car il n'a pas achevé la moitié de l'épreuve. Peut-on lui conseiller de se rappeler que la devise des épreuves d'endurance devrait être ce bon vieux dicton : «qui veut voyager loin ménage sa monture».

Et qui veut gagner, alors !...

Quant à Denis Letartre, je pense qu'il ne m'en voudra pas de dire qu'il a cédé à un certain esprit de compétition, car, dans le fond, c'est un inquiet. En quelques kilomètres, sur les traces d'un cheval et d'un cavalier qu'il connaît fort bien, il a perdu son propre contrôle dans la crainte mal fondée que lui échappe une victoire encore bien lointaine. Ce fût une belle imprudence. Sans les qualités et l'entraînement de Barol il pouvait dans ces 16 Km compromettre une course qu'il a finalement gagnée... faute de concurrents sérieux. S'il a souffert ensuite, ça a plutôt été de cette erreur de départ et d'être pratiquement seul sur la piste.

 

SIX CONCURRENTS SEULEMENT A L'ARRIVEE

Cette compétition très tôt dans la saison amène inéluctablement la question «Avait-on eu le temps de se préparer ?». La réponse est Non pour la plupart des concurrents dont 6 seulement ont terminé.

Mais c'est un très beau parcours, tout le monde s'accorde à le reconnaître. Beau parce que le pays l'est, et aussi parce que techniquement il demande de la résistance. Les dénivelés sont nombreux, la piste tourne constamment, le sol change souvent du meuble au pierreux et il n'y a pas moins de 28 passages à gué. Parcourue deux fois, la boude de 50 km (en réalité 54, donc 108 km au total) a l'inconvénient d'une répétition de parcours, ce qui pourrait s'améliorer à l'avenir.

C'est donc une épreuve difficile à cause des caractéristiques mêmes de la piste et il est dommage qu'il n'y ait pas eu plus d'engagés ni de compétition réelle. Le vent de face une partie du temps n'a pas simplifié la tâche des concurrents. Heureusement il n'est survenu ni .., incident, ni accident, sans quoi le service vétérinaire aurait eu de sérieuses difficultés pour les surmonter.

Plusieurs vétérinaires sollicités avant l'épreuve n'ont pas répondu. Il est certain que ce problème sera plus ou moins ressenti suivant les régions, car il est largement fonction et de la présence de vétérinaires connaissant le cheval, et de l'intérêt qu'une telle expérience éveille en eux.

Problème délicat à résoudre qui relève probablement d'une publicité par divers canaux auprès des praticiens. Il faudra sans doute que l'étincelle soit provoquée par ceux qui sont déjà «mordus» comme MM. Réveillon et Granier. Ce dernier n' était pas très à l'aise à l'idée du peu de monde qui l'assistait en dehors de M. Chambost, un autre spécialiste.

Ce qui est important c'est que l'équipe vétérinaire se sente étoffée, bien au courant et bien secondée. Dans une atmosphère confiante et détendue les contrôles sont alors plus efficaces et en cas d'accident les interventions peuvent avoir lieu dans les meilleurs délais.

EN ENDURANCE, LA DEMOCRATISATION EST REELLE

Ce que l'on perçoit très bien sur le terrain c'est la préparation et l'efficacité d'une équipe. Contrôles, enregistrements, directives, service vétérinaire représentent facilement 30 à 40 personnes. investies de tâches très précises.

Les flottements constatés à Mane ne vont cependant pas au-delà du manque de rodage assez normal dans une première tentative. Celle-ci a permis de toute manière de révéler plusieurs points positifs qu'il faut inscrire à son actif. D'abord elle a attiré des curieux, y compris dans les partisans, qui venaient de l'équitation classique. De plus elle va se prolonger par une autre épreuve d'entraînement/régularité et l'on parle même. d'une épreuve relais par équipes - disputée sur 12 heures; une initiative inspirée de l'Espagne et qui sera à suivre attentivement. Ce fût aussi, comme à Montcuq, une épreuve internationale, car les liens noués,avec les Espagnols de Catalogne et Madrid se renforcent grâce à ces échanges sportifs.

A noter que quelques novices des 50 km, séduits par l'expérience, ont décidé de s'inscrire dans le raid de Romans du 23 avril.

Enfin, ce n'est pas sans une certaine surprise que nos lecteurs apprendront que dans les 100 km le 2e est forain de son métier, le 3e pâtissier, la 4e femme d'un vétérinaire et le 5e ouvrier spécialisé. Il n'y a pas «beaucoup» de sports équestres qui puissent afficher une démocratisation aussi réelle non seulement au niveau de la participation mais encore dans les places d'honneur.

Lorsque nous plaidons pour l'éclatement de l'équitation, parce que seule l'ouverture au plus grand nombre du plus grand nombre d'épreuves prouvera que l'on veut mettre le cheval à la portée de tous, nous croyons que c'est seulement ainsi que la démocratisation de ce sport rentrera dans les faits.

Nous n'aurions pas cru que Mane en serait un signe aussi tangible. Il serait du reste injuste de ne pas saluer ici celui qui en est le promoteur, M. J.-P. Falque, de Marseille, qui s'est dépensé sans compter au double sens du terme. Dans chaque région favorable (on ne peut sûrement pas monter de bons raids d'endurance n’importe où en France) il faudrait des promoteurs ayant autant la foi que lui et pratiquant un mécénat équestre qui, comme tous les mécénats, mérite un coup de chapeau.

Lorsque j'ai reparlé de cette journée avec lui il a, sans détours, reconnu ce qui n'avait pas marché admettant par le fait même les améliorations à envisager.

Je n'ai pas hésité précédemment à stigmatiser l'attitude de ceux qui préfèrent se draper dans leur dignité ou dans leur ignorance que d'admettre les imperfections dont avait souffert leur organisation.

Aussi, il est bon aujourd'hui de regarder d'un œil favorable les atouts de celui qui a voulu réaliser quelque chose à Mane : un pays magnifique, un circuit plein d'embuches (d'autant plus intéressant) et surtout son désir de bien faire. Il serait dommage qu'il ne réussit pas, surtout avec un nom aussi prédestiné... Comment, vous n'aviez pas remarqué? Mais, Mane, en anglais, c'est la crinière du cheval.

Ch. DANNE

Sources : archives de D. Letartre




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