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L'endurance... de l'Endurance équestre

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La première fois que la Fédération Française des Sports Equestres a parrainé officiellement une épreuve d'endurance équestre c'était les 2 et 3 octobre 1965, pour les 178 km en deux jours de Vinon-Le Muy, dans le Haut-Var . Le parcours de cette première Epreuve Méditerranéenne d'Endurance Equestre avait été reconnu et balisé d'une touche de peinture jaune, préfiguration du balisage de l'ANTE, par Roland Blaise, Président de l'Association Est Méditerranéenne pour les Sports Equestres, moniteur diplômé de la FFSE et Jean Spruytte, maître de manège, instructeur diplômé de la FFSE. Le jury comprenait Raymond Henry, Président de l'Association Nationale de Tourisme Equestre, inspirateur de l'épreuve, M. de Demandolx, Président de la Ligue Régionale pour le Tourisme Equestre, M. Béranger, Directeur des Haras d'Annecy. C'était donc tout à fait officiel, mais les réformes régionales, les événements de 1968, le décès de Raymond Henryn, la création des Haras d'Uzès, et le manque de moyens de communications de l'époque allaient occulter cette première émergence qu'il est possible de suivre dans les premiers numéros de Plaisirs Equestres disponibles au centre de documentation de l'ENE, à Saumur.

Les épreuves qui étaient dès l'origine à caractère pédagogique ont progressivement évolué vers le TREC. Les dernières épreuves d'endurance ont eu lieu chez le colonel Cabaret, responsable charentais de la formation à l'ANTE, à Brégueil, elles étaient comparables aux épreuves à vitesse limitée actuelles. Jean Spruytte, ancien spahi et méhariste qui habite toujours Vinon, a 84 ans, et court toujours les maquis à la découverte de chapelles isolées du massif des Maures. Il a beaucoup écrit et reconstitué sur les attelages anciens. Il a formé notamment Bénédicte Atger, championne d'Europe d'Endurance qui exerce à côté de chez lui au bord du Verdon. Virginie Simon, notre nouvelle championne d'Europe exerce aussi au Muy. Le jeune Jean-Marie Laudat qui termina cette épreuve exercera longtemps la présidence du CNREE. Le vainqueur de l'épreuve, Philippe Cart-Tanneur, s'investira dans l'organisation du premier Salon du Cheval. Cette expérience pionnière avait été oubliée, le camp militaire de Canjuers a accaparé une partie du parcours et l'urbanisation a envahi les Maures. Cet oubli soulève le problème de la transmission d'un capital spatial cavalier entre les générations.

 

En septembre 1975, le Parc National des Cévennes recommencera l'expérience, en la suite du développement original d'une équipe de gardes à cheval, (comme le directeur du Parc l'avait expérimenté en Afrique du Nord) et d'une politique de production de chevaux rustiques à partir de Mérens-croisés arabes avec l'Association Lozérienne de Tourisme équestre. L'endurance contemporaine se réclame de cette deuxième résurgence. Ses pionniers ignoraient encore récemment l'expérience précédente .

On retiendra que l'endurance devait émerger des piémonts du sud-est. Elle couvrira petit à petit presque tous les départements français. Par le nombre de partants, elle se situe au deuxième rang des disciplines équestres en France et maintenant dans le monde . La France occupe le premier rang sur les podiums, par le nombre de partants total et le nombre d'épreuves internationales organisées sur son territoire. Elle est donc investie d'un devoir d'excellence en cette discipline pour faire école, on l'attend dans le Golfe Persique en janvier 2005.

Pourtant, ce phénomène d'expansion n'a pas bénéficié d'un suivi statistique conséquent. Le passage sous GICE de toutes les épreuves en 2004 permettra de justifier ou non le positionnement pressenti. C'est le CNREE jusqu'en 1999 et de 2001 à 2003 une enquête annuelle, dans le cadre d'une thèse de doctorat, auprès des anciennes structures décentralisées du CNREE, les CREE, renommés CEER qui ont permis de collecter les résultats des épreuves départementales et régionales. Ces enquêtes ont fait l'objet de restitution à la commission FFE, à l'entraîneur national et aux CEER. Elles intègrent les résultats officiels des épreuves nationales, CEN CEI et les épreuves d'élevage SHF. Les épreuves SIF, 376 départs seulement en 2002, n'avaient pas été prises en compte sauf le championnat de France des clubs à Lamotte-Beuvron. Leur développement va faire l'objet d'une attention particulière.

Endurance 2003

D20

D30

D�partales

R40

R60

R�gionales

CEN*90

Nationales

Total

Corse

156

0

156

183

89

272

55

85

568

PACA

337

17

354

282

191

473

148

84

1059

Rhône Alpes

414

263

677

274

573

847

181

12

1717

Grand Sud-Est

907

280

1187

739

853

1592

384

181

3344

Alsace

148

55

203

84

69

153

48

0

404

Bourgogne

680

313

993

282

261

543

110

77

1723

Champagne-Ardenne

0

0

0

0

0

0

0

0

0

Franche Comté

164

101

265

92

74

166

11

0

442

Lorraine

417

172

589

149

107

256

56

0

901

Grand Nord-Est

1409

641

2050

607

511

1118

225

77

3470

Bretagne

959

14

973

732

717

1449

484

324

3230

Normandie

403

219

622

250

124

374

27

77

1100

Ouest Pays de la Loire

334

152

486

149

112

261

75

31

853

Grand Nord-Ouest

1696

385

2081

1131

953

2084

586

432

5183

Aquitaine

559

237

796

403

380

783

254

229

2062

Languedoc Roussillon

455

0

455

462

450

912

453

72

1893

Midi-Pyrénées

787

125

912

644

469

1113

338

223

2586

Grand Sud-Ouest

1801

362

2163

1509

1299

2808

1045

524

6541

Nord

859

276

1135

256

158

414

47

12

1608

Picardie

317

133

450

110

53

163

43

114

770

Grand Nord

1176

409

1585

366

211

577

90

126

2378

Auvergne

145

38

183

113

76

189

103

111

586

Centre Val de Loire

223

128

351

87

75

162

43

0

556

Limousin

196

3

199

76

64

140

5

0

344

Poitou Charente

92

22

114

88

105

193

25

0

332

Grand Centre-Ouest

656

191

847

364

320

684

176

111

1818

Ile de France

58

2

60

46

14

60

 

84

204

France enti�re

D20

D30

D�parts

R40

R60

R�gionales

CEN*90

Nationales

Total

2001

6231

1517

7748

4645

3020

7665

1979

1232

18624

2002

7812

2150

9962

5144

3965

9109

2022

1386

22479

2003

7703

2270

9973

4762

4161

8923

2506

1535

22938

évolution 2002/2001

25%

42%

29%

11%

31%

19%

2%

13%

21%

évolution 2003/2002

-1%

6%

0%

-7%

5%

-2%

24%

11%

102%

Tableau 1 : Les départs en Endurance équestre en France, en 2003, par région et interrégion à fédérative

Analyse globale

La courbe d'évolution du nombre de partants produite par le CNREE englobait tous types d'épreuves. Pendant la phase de lancement, les épreuves SHF étaient intégrées au épreuves ordinaires, elles font maintenant l'objet d'épreuves dédiées. L'année 2000, qui consacra trois françaises à Compiègne au Championnat du Monde conserve des mystères statistiques pour cause de dépôt de bilan du CNREE et non publication de résultats ; L'enquête rétroactive auprès des organisateurs permet de proposer une estimation statistiquement correcte.

*
Graphe 2 : Evolution du nombre de départs en épreuves d'endurance en France

En 2003, la progression du nombre de départs semble avoir repris globalement une pente ascendante normale après que les catastrophe statutaires (disparition du CNREE) et sanitaires (fièvre aphteuse) de 2001 aient nettement perturbé l'organisation des épreuves.

Le phénomène est surtout d'ordre qualitatif : il y a une forte augmentation de partants dans les épreuves à vitesse libre et un meilleur taux de classement dans ces épreuves comme on peut l'observer pour les nationales (CEN +CEI). La distance parcourue en épreuves a augmenté de 8% en 2003. C'est ce critère, plutôt que celui du nombre de départs qu'il faudrait retenir. Par contre les épreuves les plus longues (160 km) ont perdu des départs. L'obligation d'un passeport FEI coûteux n'y est pas étrangère.


Graphe 3 : Evolution des départs et classements en épreuves nationales 2000- 2003

Analyse par niveau d'épreuve

L'endurance devient duale et ce phénomène n'est sans doute pas très souhaitable. En effet, si les cavaliers qui ont accès aux épreuves à vitesse libre (plus de 80 km dans la journée) ont maintenant parfaitement assimilé l'ensemble des démarches administratives. La convivialité de l'inscription le jour même de l'épreuve va disparaître et les contraintes d'identification et d'inscription des chevaux ont éliminé les sympathiques velléitaires dilettantes. L'avenir dira l'impact d'un changement de culture. Les organisateurs s'en inquiètent.

La professionnalisation tire des candidats vers le haut niveau et l'ensemble de la filière est désormais d'une traçabilité très fiable. Le développement des épreuves clubs, SIF, jusqu'à 30 km pourrait compenser les déperditions d'amateurs débutants et en même temps le défaut de pédagogie que l'endurance à l'ancienne avait structuré auprès d'une population équestre souvent autodidacte. Il y a là un réservoir de "M.A.A" (Males, Adultes, Autonomes) à considérer.

On a observé en 2003 une stabilité de partants en épreuves départementales et une petite diminution en régionales compensée par une forte expansion dans les épreuves nationales, CEN* (+24%) et CEN**. Les CEI*** qui exigent le passeport international pour le cheval ont aussi perdu des effectifs. Il y a des seuils économiquement difficiles à franchir.

 

Analyse par interrégion fédérative

Les comparaisons interrégionales ne sont pas signifiantes, la taille des régions étant trop hétérogène dans le découpage actuel . Il peut être plus intéressant de comparer des ensembles interrégionaux. En choisissant arbitrairement celui qui a été retenu pour les Fédératives, le géographe estime qu'il n'est pas plus mauvais que celui des nouveaux archevéchés, celui des élections européennes ou celui de FR3. On gardera à l'esprit, que ces ensembles sont du même ordre de grandeur et relativement homogènes en interne d'après la population totale et le nombre de licenciés FFE.


Graphe 4 : Comparaison des 7 Interrégions  fédératives d'après les départs en endurance et le nombre de licenciés FFE en 2003

Le Sud-Ouest a un taux maximum de départs avec plus de 1 départ pour 10 licenciés à la FFE. On imagine le potentiel de développement si toutes les régions rejoignaient cet objectif.

Le Nord-Ouest, deuxième par le nombre de licenciés est aussi deuxième par le nombre de départs. Cet ensemble, à l'instar de la Bretagne qui a commencé tard à développer l'endurance est toujours en phase de croissance. Le CEIO**** de La Baule, le CEI** du Pin et les 4 CEI** de Bretagne et son CEI*** de Landivisiau donnent à cet ensemble dominé par les disciplines classiques et poneys un nouveau créneau équestre.

Le Sud-Est, berceau de l'endurance, fait jeu égal avec le Nord-Est. Rhône-Alpes d'un côté et la Bourgogne de l'autre font état des mêmes expansions. La région Champagne-Ardenne, par contre, n'a plus d'Endurance dans ses vastes pénéplaines.

Le Grand Nord, Nord-Picardie, le plus petit ensemble par le nombre licenciés FFE evance cependant le Centre-Ouest .

Le Centre-Ouest, avec des région de grandes cultures apparaît menacé d'un phénomène de désaffection .

L'Ile de France qui a le plus de licenciés FFE a le moins de départs en endurance et pourtant les partants de nationales à Rambouillet sont inclus. Mais c'est une région qui peut développer les épreuves SIF.

Ce tour de France montre trois phénomènes qui traversent les campagnes françaises :

  • un problème pour se déplacer à cheval en campagne sur de longues distances dans les régions suburbaines comme l'Ile de France,
  • un manque d'animation événementiel dans les régions de grandes cultures (Champagne, Beauce, Berry, Charentes)
  • un dynamisme certain dans les régions d'élevage, bocages et piémonts (Bretagne, Midi-Pyrénées, Languedoc)

CONCLUSION.

Une politique volontariste fédérale, s'appuyant sur le réseau enseignant et en appui du tourisme équestre, pourrait sans doute compenser les risques de désaffection qui menacent certaines régions.

Les autres ont surtout besoin d'un minimum d'embarras administratif. En effet certains topocentrismes qui s'expliquent bien par les limites du bénévolat font perdre à l'endurance ses expansions fulgurantes des années 90. C'est peut-être une ligne d'action cohérente à développer . Il en va, dans certains coins de France, de la prise en considération d'un maillage cohérent en chemins et de la reconnaissance d'une culture de l'équitation itinérante et l'on peut rêver de relier les 25 000 kilomètres de balisage éphémère que produisent les organisateurs d'endurance chaque année en France.

D'autre part, l'endurance apporte des valeurs fédératives d'autonomie, d'autogestion, de parité et elle favorise les interactions entre tourisme et sport équestres. La taille de ses montures permet aussi aux grands poneys d'y bien figurer.

C'est probablement ce large spectre de valeurs auxquelles ont peut rajouter le transgénérationnel (parents-enfants-petits enfants) et la "longévitalité" (Maurice Saint, à 68ans, se retrouve, ancien judoka, en tête du classement FEI 2003 en gagnant notamment les 2x100km de Montcuq) ou encore la capacité exportatrice qui a permis la résilience de l'endurance, la capacité de renaître sans arrêt de ses cendres. C'est aussi la discipline qui permettra au plus de nations de rejoindre la communauté équestre internationale, avec le souci permanent, souci majeur de l'école française, du respect préalable de la santé du cheval.

Hervé MENAGER, Doctorant en Géographie du Sport, Université Michel de Montaigne, Bordeaux 3

Carte 1 : Nombre de journées d'endurance prévues en 2004




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