La Baule - 1927/1928 - Le premier raid hippique militaire Paris - La Baule

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N’ayant pas d’héritier direct, «  il fait venir son neveu Lucien Barrière auprès de lui, pour l’associer aux affaires et le tester. Le viticulteur fait peu à peu connaissance avec cette nouvelle et bizarre planète de l’argent et du luxe, à des années lumière de l’Ardèche, pauvre et laborieuse. Un peu méfiant, moins à l’aise et moins flamboyant que son oncle, Lucien Barrière assume progressivement les responsabilités que lui confie François André… »

Le Prix de l’Arc de Triomphe-Lucien Barrière et le stade équestre François André rappellent la saga d’un passionné de chevaux A une dizaine de lieues de son village natal près de Joyeuse en Ardèche, c’est des Cévennes, à Montmirat près de Florac en Lozère, que l’endurance « durable » renaîtra en France en 1975.

Décédé en 1962, François André, aurait sans aucun doute apprécié le rendez-vous baulois qui donne l’occasion à des chevaux venus souvent des piémonts du Massif-Central de s’exprimer jusqu’au bord de l’Océan Atlantique .

Paris – La Baule 1927

Les stations balnéaires étaient des destinations militaro-mondaines pour les cavaliers d’endurance avant 1914-18 illustrant la rivalité mimétique entre le cheval et l’automobile, il faut citer Berlin Vienne(1892), ,Paris-Trouville ( 1899), Bruxelles-Ostende(1902), Paris-Rouen-Deauville (1903), Lyon-Aix-les-Bains (1905) .

Après « la der des der », la cavalerie allait reprendre ces destinations pour d’autres conquêtes comme celle de la Côte d’Amour  :

A cheval de Paris à La Baule

« Le Ministre de la Guerre vient d’aviser M. Edmond Cavillon, sénateur de la Somme, président de la Confédération Hippique de France qu’il autorisait les officiers de complément à participer en tenue militaire à l’épreuve militaire internationale d’endurance hippique qui sera disputée du 12 au 17 septembre sur le parcours Paris-La Baule (442 kilomètres).

Deux parcours à allure libre de 10 kilomètres seront chronométrés, le premier au cours de la 4ème étape et le second à la dernière étape après Saint-Nazaire avec arrivée sur la plage de La Baule. La vitesse minima sera de 8 kilomètres à l’heure pour la 1ère étape, de 9 kilomètres pour les 2ème, 3ème, 4ème et 6ème étape et de 11 kilomètres pour la 5ème étape. 100 000 francs de prix seront attribués aux vainqueurs dont un premier prix de 30 000 francs, un second de 20 000 et un troisième de 10 000 francs. Le règlement appruvé par le Ministre de la guerre et les feuilles d’engagements seront envoyées à tous les officiers qui en feront la demande au capitaine F. Franck-Puaux, commissaire général, 5, avenue de l’Opéra.

Source : LA MOUETTE, dimanche 14 août 1927, p3.

Une soixantaine d’officiers s’étaient inscrits, les Grands réseaux du chemin de fer avaient fait bénéficier du tarif « chevaux de courses » pour les rapatriements :

 

M. Edmond cavillon, sénateur de la Somme, président de la Confédération Hippique de France vient de recevoir Mr Joseph Pereire, l’industriel parisien bien connu, une somme de cinq mille francs destinée à être répartie en primes de 500, 400 et 300 francs aux officiers ayant fait convenablement les six étapes de Paris-La Baule sans avoir eu la chance d’être classés dans les vingt-deux premiers à qui seront répartis les 100 000 francs de prix dont cette épreuve est dotée.

D’autre part, les Grands Réseaux ont décidé de faire application de leur tarif G.V. 101§2 (chevaux de courses) pour le transport à Paris et le retour de La Baule des chevaux qui prendront part à l’épreuve….. (suivent les noms des inscrits, 59 militaires)

Source : LA MOUETTE, dimanche 11 septembre 1927, p1.

Le premier raid hippique militaire Paris-La Baule

Cette épreuve d’endurance a remporté le succès qu’elle méritait, tant par le nombre de ses engagés que par la quantité des concurrents ayant terminé le parcours dans les délais réglemetaires. Dimanche, une foule se pressait pour voir les arrivées de ce premier raid hippique, sur la plage depuis La Baule-les-Pins jusqu’à L’Hermitage-Hôtel, où une estrade avait été préparée pour les officiels jugeant l’arrivée.

Un mouvement se produit. Tout le monde désire voir le premier cavalier, voici en effet de Lieutenant Mayet du 7ème chasseur (réserve) qui fait son apparition. Il ne pouvait du reste en être autrement, car le sous-lieutenant Mayet n’est autre que l’honorable co-propriétaire du manège de l’avenue des Lilas.

Ensuite de 2 en 3 minutes, les arrivées se succèdent sans inerruption.

Sur 28 chevaux engagés 26 terminèrent dans un état remarquable.

Ils arrivèrent, la plupart frémissant l’encolure haute, les muscles tendus dans un galop final élégant.

Le lendemain, au tir aus pigeon, les cavaliers se présentèrent devant la commission cgargée d’examiner les chevaux.

Le jury, présidé par M. Cavlillon, sénateur, président de la Confédération Hippique de France, et du général Bucaut, directeur de la cavalerie au ministère de la Guerre, assisté des colonels Petiet, Watel, écuyer en chef de l’Ecole de Saumur, de M. Simon, vétérinaire-major de 1ère classe, du capitaine Franck-Puaux, secrétaire général de l’épreuve.

En général, les chevaux présentés furent excellents par leur état de fraîcheur, aucune fatigue ne paraissait plus, malgré le long parcours et le mauvais temps. Du reste le résultat est là, sur 28 partants, 26 ont atteint le but.

Ce raid n’est pas seulement une épreuve de sport, le but et la pensée des organisateurs sont plus élevés. C’est un admirable entraînement pour les officiers qui y ont pris part. Aucune autre leçon d’endurance ne saurait égaler ce magnifique raid ; il faut donc féliciter les cavaliers et les organisateurs. Il serait bon de multiplier ces épreuves de grande envergure comme celle de « Paris-La Baule », ce raid ayant pour conséquence directe une excellente propagande pour nos officiers et leurs montures, apportant ainsi une confirmation nouvelle aux derniers succès remportés par les militaires dans les différents Concours Hippiques Internationaux.

J.P. Galy

6 site web Groupe Barrière, 2003
7 LE PETIT JOURNAL, septembre 1902
8 LA VIE AU GRAND AIR, 21/08/1903
9 LE PETIT PARISIEN, 13/08/1905

 

Source : LA MOUETTE, Dimanche 25 septembre 1927

 
L'arrivée de François ANDRE  
1928 : Paris - La Baule 571 km sur 7 jours en 8 étapes  
Années 30 - naissance du concours Hippique de La Baule



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