1977 - La 2ème édition de la course d'endurance de FLORAC

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Trente concurrents sur la ligne de départ ce samedi 1er octobre 1977. Il est six heures trente, le jour n'est pas tout à fait levé. Le départ en groupe est spectaculaire sous les projecteurs de FR3 venu pour l'occasion. Après les 800 m de goudron par lesquels débute l'épreuve, la file des concurrents s'étire déjà avant d'attaquer la montée sur Barre des Cévennes (20 km par des petits sentiers). Les favoris sont présents Jean-Marie Fabre, le vainqueur de l'an dernier monte Goll un arabe mérens de 5 ans qui parait entraîné. Madame Letartre avec Candy, selle français de 9 ans, vainqueur de l'épreuve de Nantes. Monsieur Pradelle, vice-président du Comité National et vainqueur de l'épreuve de Romans, monte un pur-sang arabe appartenant à Monsieur Falque. Nicomède, étalon des haras d'Uzes, 2ème à la course de Rodez, bénéficiera tout au long du parcours d'une très bonne assistance technique. Le "team" Chambost composé des deux frères, Pierre et Jean-Luc et de leur soeur Lise, fera preuve d'une régularité qui n'a d'autre explication que la qualité de leur entraînement. Beaucoup d'autres concurrents en sont à leur 1ère course et n'ont d'autre ambition que de pouvoir la finir.

Le 1er contrôle vétérinaire de Barre des Cévennes, avec arrêt obligatoire de 45 mn, se déroule dans l'ordre. Une foule d'accompagnateurs, de journalistes, quelques voitures tous terrains forment une équipe de supporters enthousiastes. Le temps est gris, un petit vent frais transit tout le monde. Les premiers concurrents repartent à peine que d'autres continuent encore à arriver.

L'allure de la course est sage, le terrain, la distance et l'expérience d'autres courses en sont les raisons. Deux ou trois chevaux seront arrêtés à ce contrôle de Barre des Cévennes. Le 2ème est prévu à Meyrueis après les 56 km de l'étape la plus longue qui fait passer les cavaliers par l'Observatoire du Mont Aigoual, 1500 m d'altitude.

La colonne commence à s'étirer, en tête un petit groupe se détache. Des nappes de brouillard par endroit augmentent la difficulté. Au sommet de l'Aigoual ce brouillard très dense gêne l'ensemble des concurrents et ralentit l'allure. Le circuit très bien balisé par l'équipe du Parc National des Cévennes ne pose aucun problème aux concurrents. Quelques chevaux seront arrêtés par les vétérinaires ou abandonneront.

L'arrivéé sur Meyrueis se fait attendre. Les premiers ont environ trente minutes de retard sur l'horaire prévu, le brouillard en est évidemment la cause. Mme Letartre, Jean-Pierre Bourcier, M. Falque, Jean-Marie Fabre, Mme Serrière sont en tête à quelques minutes les uns des autres et loin devant les autres concurrents. Arrêt de 45 mn, l'ensemble des chevaux est dans un état satisfaisant, quelques uns donnent des signes de fatigue, d'autres sont arrêtés sur ordre vétérinaire, 76 km ont été parcourus. Une bonne ambiance règne autour de la troupe.

Un esprit sportif et une bonne entente entre les cavaliers domineront d'ailleurs tout au long de l'épreuve. Le 3ème tronçon, Meyrueis - Ispagnac 41 km, déterminera le classement final. L'allure est ralentie sauf pour Jean-Pierre Bourcier qui garde la tête suivi de près par Christel  Letartre. Jean-Marie Fabre abandonnera à Drigas sur le causse Méjean jugeant son cheval fatigué alors qu'il se trouve en 4ème position. Pendant tout ce tronçon, l'équipe s'étire de plus en plus, il n'est pas rare de voir des cavaliers marcher à côté de leur monture. C'est Jean-Pierre Bourcier qui arrive le premier à Ispagnac, au grand étonnement de tout le monde suivi de très près par Mme Letartre, le 3ème concurrent est à plus de 45 mn. Les vétérinaires sont surpris de constater que Tonnerre, ce petit cheval barbe de Jean-Pierre Bourcier, est dans une condition parfaite; il récupère en un temps record et ne parait pas avoir travaillé... Lorsqu'il repart pour Florac (10 km) en même temps que Candy, le public commence à se passionner, qui va l'emporter ? Tout au long de ces 10 derniers km, Jean-Pierre Bourcier tente en vain de distancer Christel  Letartre. Ils finiront cependant au petit galop juste l'un devant l'autre sous les acclamations du public et devant les caméras de Pierrette Brès qui a suivi toute la course en voiture pour l'émission Cavalcade. Le 3ème concurrent M. Falque avec Port Said arrivera à 55 mn. Treize chevaux termineront l'épreuve.

Les organisateurs décident de fixer le dernier contrôle vétérinaire d 'Ispagnac à 17 h 30 afin que les concurrents ne circulent pas de nuit. Cinq retardataires sont ainsi disqualifiés et se voient retirer leurs dossards. Cela aura pour effet de les décevoir profondément car ils avaient fait preuve de sagesse et de mérite pour tenter de finir cette course. Le lendemain un parcours de 25 km est effectué afin d'attester de l'état des chevaux, seul Nicomède ne peut repartir. Le rythme est beaucoup plus lent (12 km/h moyenne imposée). Un très bon esprit règne parmi les concurrents que nous verrons franchir la ligne d'arrivée alignés par quatre.

Sur trente chevaux au départ, la course n'a véritablement été disputée que par deux d'entre eux seulement. Ils établirent en effet une moyenne (18,06 km/h) incomparable à celle de leurs poursuivants (14,85 km/h pour le 3ème). Les résultats tendent à prouver le manque d'homogénéité des chevaux engagés. Les cavaliers dans l'ensemble ont eu la sagesse de ne pas forcer leurs montures, la course effrénée de Nantes, souhaitons-le, n'aura été qu'une triste expérience. Cette épreuve de 127 km demeure néanmoins trop difficile pour une grande majorité de chevaux et de cavaliers qui manquent encore d'entraînement et d'habitude. Il est indispensable d'organiser des épreuves plus courtes et plus faciles qui auront pour but d'entraîner certains et de mettre en confiance beaucoup d'autres qui n'osent encore se lancer sur de tels périples. La course de Florac est en passe de devenir une "classique", une réussite tant par son organisation que par l'esprit.

Les courses d'endurance soulèvent un engouement. Il faut les mettre à la portée d'un plus grand nombre de cavaliers afin de pouvoir mesurer des concurrents de même capacité.

 

Francis Arnaud

 

"Sport pour tous" semble dire Maurice Pradelle qui emmène dans le sillage d'une superbe foulée, un pur-sang arabe tunisien
Joli trot en extension de Gitan, le cheval de 5 ans avec lequel B. Desmazières effectuera une course très sage qui l'amènera à la 11 ème place.


 

 Encore à cheval, les deux vainqueurs devisent joyeusement, à droite I.P.Bourcier, à gauche C. Letartre.

Encore quelques dizaines de mètres avant defranchir la ligne d'arrivée à Barre les Cévennes.


 

Lise Chambost et sa petite jument Kaline firent sans aucun doute une des plus belles courses, augmentant leur moyenne progressivement au fil des étapes.

Départ des concurrents pour l'épreuve de contrôle du lendemain qui se déroulait sur un circuit de 25km

Sources : archives de D. Letartre




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